vaccination anti-covid 19

La France continue sa lutte contre le coronavirus. Les chiffres du vendredi 12 février ont révélé que 2,2 millions de Français ont reçu une première injection et 617 515 personnes ont reçu la seconde dose. Toujours dans l’optique de vacciner le plus de monde, en particulier les personnes à risque, l’agence européenne des médicaments a récemment autorisé l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Pour cette nouvelle campagne de vaccination, les autorités ont fait appel aux médecins libéraux.  Explications.

Quelques mots sur le vaccin AstraZeneca 

Origine et efficacité du vaccin

Le vaccin AstraZeneca est le fruit de la collaboration entre l’université Oxford et AstraZeneca. Également appelé AZD1222, ce nouveau vaccin anti-covid a un taux d’efficacité de 62% à 72%. Par ailleurs, les études ont également révélé un excellent seuil de tolérance.

Modalités de conservation du vaccin

Étant un vaccin à vecteur viral recombinant, le vaccin AstraZeneca est plus facile à stocker. En effet, il peut être placé dans un réfrigérateur à une température de 2 à 8 degrés pendant 6 mois. Cependant, si le flacon est ouvert, le vaccin ne peut être stocké que sous 48 heures. En cas d’absence de matériel adéquat pour le stockage, il peut  être conservé à une température ambiante (en dessous de 30 degrés) pendant 6 heures.

Lancement d’une nouvelle phase de vaccination

Cette nouvelle phase de la campagne de vaccination, qui débutera le 25 février, consiste à permettre aux médecins libéraux de procéder à la vaccination au sein de leur cabinet. Pour la première semaine, près de 29.000 praticiens se sont portés volontaires. Ainsi, 700.000 doses de vaccin AstraZeneca sont attendues auprès des pharmacies du 22 au 24 février. Au début du mois de mars, les autorités prévoient la disponibilité de près d’un million de doses de vaccins.

Les étapes de lancement

Étape 1 : identification des médecins volontaires

Du 11 au 17 février, les médecins généralistes désirant faire partie de cette nouvelle campagne ont été invités à se rapprocher de la pharmacie de leur choix afin de réserver leur dose de vaccin. Pour se rattacher à une officine, ils sont tenus de fournir au pharmacien leur nom ainsi que leur numéro RPPS. Chaque praticien est rattaché à une seule pharmacie auprès de laquelle il pourra récupérer sa dose de vaccin chaque semaine. 

Les pharmaciens se chargent par la suite d’insérer les informations fournies par le médecin dans le portail de télédéclaration des pharmacies. Clos ce 17 février à 23h, le portail sera réactivé chaque semaine du lundi au mercredi. Ceci étant fait afin de permettre aux médecins de renseigner le nombre de doses souhaitées pour la semaine suivante et de donner la possibilité aux médecins non rattachés à une officine de s’inscrire.

Étape 2 : Préparation des plages horaires

Au vu de la quantité restreinte de doses de vaccins attendues pour la première livraison, chaque praticien aura droit à un flacon de 10 injections du vaccin AstraZeneca pour la première semaine de vaccination. Chaque praticien doit donc prévoir 10 rendez-vous.

Face aux contraintes liées à la conservation, les médecins volontaires ont deux options :

  • Première option : Le praticien a les moyens de transporter le vaccin depuis la pharmacie jusqu’à son cabinet, sans briser la chaîne de froid et en gardant le flacon en position verticale et à l’abri de la lumière. Dans ce cas, il pourra organiser la vaccination 48 heures après le retrait de la dose auprès de son pharmacien. Il est impératif de replacer le flacon dans le réfrigérateur entre chaque vaccination.
  • Deuxième option : Le transport des vaccins se fait à température ambiante, mais toujours en position verticale et à l’abri de la lumière. Le médecin doit organiser toutes les vaccinations dans les 6 heures suivant le retrait du flacon.

Par ailleurs, afin de faciliter le transport des doses, des conteneurs de transport consignés seront bientôt mis en place.

Etape 3 : Retrait des doses auprès des pharmaciens

La livraison des vaccins dans les pharmacies de référence étant prévue au plus tard le 24 février, les médecins peuvent les récupérer dans la même journée. Il est à noter que les aiguilles et les seringues sont fournies avec les doses.

Qui est concerné par cette nouvelle campagne de vaccination ?

Le but étant de vacciner les personnes les plus vulnérables et les plus exposées, la haute autorité de santé (HAS) recommande de prioriser les personnes âgées de 50 à 64 ans avec comorbidités (diabète de type 1 ou 2, obésité, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, maladies respiratoires, cancer de moins de trois ans…). 

Dès lors que d’autres doses arrivent sur le territoire français et sont mises à la disposition des médecins, d’autres catégories de personnes à risque devront également être vaccinées. Il s’agit ici des professionnels de santé, pompiers et aides à domicile de moins de 65 ans.

Selon la HAS, les données actuelles ne permettent pas encore de déterminer l’efficacité du vaccin AstraZeneca sur les personnes âgées de 65 ans et plus. En effet, durant les essais du vaccin, les participants âgés de plus de 65 ans ont été peu nombreux, d’où l’impossibilité de fournir des résultats fiables. Pour ces derniers, il est donc recommandé de privilégier les vaccins à ARN messager comme ceux des groupes pharmaceutiques Pfizer/BioNtech et Moderna.

Comment se passe la vaccination ?

Les patients âgés de 50 à 64 ans avec comorbidités peuvent directement contacter leur médecin traitant afin de prendre rendez-vous ou s’inscrire sur le site www.gpssante.fr. Cependant, ils sont tenus de déclarer sur l’honneur leur âge ainsi que leurs comorbidités. Après injection du vaccin, le patient devra impérativement rester une quinzaine de minutes en salle d’attente pour que le praticien puisse surveiller les éventuels effets secondaires. 

Pour une organisation optimale, de nombreux médecins préfèrent regrouper tous les rendez-vous liés à la vaccination sur une même plage horaire. Cela facilite la préparation des doses et le contrôle post-vaccinal.

Par ailleurs, certains praticiens décident de contacter directement eux-mêmes les patients répondant aux critères de vaccination.

Quid des autres vaccins autorisés en Europe et utilisés en France ?

En l’espace d’un an, les chercheurs ont mis sur pied plusieurs vaccins pour lutter contre la pandémie du coronavirus. Le premier vaccin anti-covid à avoir été validé en Europe fut le vaccin à ARNm de Pfizer-BioNTech. Également appelé Comirnaty, ce vaccin a été utilisé pendant les premières phases de la campagne de vaccination en France. 

Le deuxième à faire son entrée sur le territoire français fut celui de Moderna en janvier 2021. La première livraison, soit 51.600 doses, a été effectuée le lundi 11 janvier afin de compléter le stock du vaccin anti-covid Comirnaty. 

Depuis le 2 février, la France compte actuellement trois vaccins pour sa stratégie de lutte contre le coronavirus. Le dernier en date à avoir reçu la validation de l’agence européenne du médicament étant le vaccin AstraZeneca. Cette dernière a été validée le 29 janvier 2021.

Bientôt un quatrième vaccin anti-covid en France ?

Le 16 février dernier, c’était au tour du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson de demander l’autorisation pour son vaccin à injection unique sur le territoire européen. 200 millions de doses de ce nouveau vaccin ont déjà été commandées par la commission européenne, avec une perspective de commander 200 millions de plus si le vaccin est validé. Si les résultats des premiers essais cliniques ont révélé une efficacité de 66% à 85% contre les formes graves, le doute plane encore quant à son efficacité contre le variant sud-africain. Quoi qu’il en soit, selon l’agence européenne des médicaments, une décision devrait être prise d’ici la mi-mars.