Journée mondiale de la santé

Devançant les guerres et les catastrophes naturelles, le cancer est la première cause de mortalité dans le monde. Pourtant, il est moins connu, un peu mis de côté. A l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, on décide d’en parler ! La mutation d’une cellule saine en une cellule cancéreuse peut trouver sa cause dans plusieurs facteurs (mode de vie, génétique…). Par ailleurs, le message diffusé aujourd’hui est que ce mal se soigne, se guérit et se prévient.

Quels sont les facteurs de risque du cancer ?

Trois principaux facteurs seraient à l’origine de la transformation d’une cellule saine en cellule cancéreuse.

Quels sont les comportements à risque ?

Les habitudes alimentaires

Les excès alimentaires sont les facteurs de risques les plus souvent en cause dans l’apparition de cancer :

  • Viandes animales ou charcuterie, qui favorisent le risque de cancer colorectal ;
  • Le sel et les aliments salés qui entrainent un sur-risque de cancer de l’estomac ;
  • L’alcool, qui est la cause de 6% des cancers en France, dont 26% des cancers de foie, 54% des cancers de larynx et 63% des cancers de la bouche et du pharynx.

Inversement, la consommation de fruits et légumes en quantité suffisante se présente comme un facteur protecteur contre les cancers des voies aérodigestives supérieures et de l’estomac. En outre, des fibres en quantité suffisante permettent également de réduire les risques de cancer colorectal.

Le tabagisme

Le tabac est jusqu’ici le principal facteur de risque de cancer connu. En effet, il est responsable de plus de 30% de tumeurs malignes, un quart des décès par cancer lui sont également attribués. En outre, ce facteur est responsable de :

  • 80% des cancers du poumon ;
  • 51 à 76% des cancers des voies aérodigestives supérieures ;
  • 53% des cancers de la vessie.

L’exposition abusive aux ultra-violets

Une exposition excessive aux UV du soleil ou des cabines de bronzage représente un facteur de risque pour le cancer de la peau. En effet, environ 70% des mélanomes ont un rapport direct avec ce type d’exposition.

Les mauvaises habitudes

L’absence d’activité physique, l’obésité, le surpoids ou encore la sédentarité favorisent le développement de certains cancers.

Quels sont les risques liés à l’environnement ?

Les polluants d’origine chimique ou physique

Parfois inévitables, ces polluants sont à l’origine de 3 à 9% des cancers. Il s’agit entre autres :

  • Des radiations ionisantes ;
  • Du radon ;
  • Des dioxines ;
  • Des pesticides dans les aliments ;

En outre, l’exposition aux nombreuses substances toxiques dans le milieu professionnel, comme l’amiante ou le benzène, est un risque cancérigène.

Les agents infectieux

Les agents infectieux ont une action connue dans le développement de certaines tumeurs :

  • 70 à 80% des cancers de foie seraient liés à des infections par des virus de l’hépatite B et C ;
  • 70% des cancers du col de l’utérus sont attribués à deux papillomavirus humains que sont le HPV 16 et le HVP 18 ;
  • Le risque de cancer gastrique est multiplié par 5 ou 6 en cas d’infection chronique de l’estomac par l’Helicobacter pylori.

Quels sont les risques liés à l’individu et son histoire ?

La vieillesse

Plus on prend de l’âge, plus les probabilités d’attraper un cancer augmentent. En effet, avec l’âge, plus nombreuses sont les lésions qui s’accumulent dans les cellules. En outre, avec la vieillesse, il y a plus de risque que les cellules deviennent anormales pour former une tumeur.

Les hormones

Les phases dites « d’imprégnation hormonale » au cours d’une vie peuvent également favoriser l’apparition de cellules cancéreuses. Il s’agit notamment de l’âge de la puberté et de la ménopause, l’âge et le nombre de grossesses, la prise de contraceptifs oraux ou de traitements hormonaux substitutifs à la ménopause.

L’hérédité

L’hérédité est l’origine de 5 à 10% de cancers. Les médecins estiment que 5à10% des cancers de l’ovaire et du sein ainsi que 3% des cancers du côlon sont attribués à ce facteur.

En outre, l’origine héréditaire est toujours en cause lorsqu’il est question de cancers rares, comme les rétinoblastomes, les tumeurs du rein ou encore les tumeurs pédiatriques de l’œil.

Les maladies auto-immunes ou inflammatoires

Certaines maladies chroniques, dont celles inflammatoires ou auto-immunes, entrainent un déficit immunitaire qui représente un risque augmenté de lymphome ou de cancer.

Les divers traitements

Les traitements chimiques comme la chimiothérapie, la radiothérapie ou encore l’administration d’immunosuppresseurs favorisent les risques de cancer, notamment pour les cancers cutanés et hématologiques.

Bon à savoir

Les deux hémisphères du globe ne bénéficient pas du même traitement face au cancer. En effet, le Nord est mieux équipé que ce soit dans la détection, le traitement ou l’accompagnement psychologique du patient (bilan de santé, examen clinique…), tandis que les moyens manquent dans le Sud.

Les chiffres du cancer en France

Selon les statistiques, les cancers les plus fréquents dans l’Hexagone sont le cancer de la prostate, le cancer du sein, le cancer de colorectal et le cancer des poumons. La plupart d’entre eux sont par ailleurs détectés plus tôt, ce qui permet aux patients d’augmenter leur chance de guérison, avec moins de séquelles.

Le cancer de la prostate, le premier cancer masculin

Le cancer de la prostate concernerait près de 26% de l’ensemble des cancers de la gent masculine. En outre, il survient chez environ 65% des sujets de 65 ans et plus. La bonne nouvelle, c’est que le nombre de cas est en réelle baisse depuis quelques années.

On place ce cancer à la 3e place des plus mortels. En effet, environ 79% de décès lui sont attribués, chez les hommes de 75 ans et plus. Par ailleurs, la mortalité est en chute depuis 1990, période à laquelle les soins et traitements disponibles ont été améliorés, notamment le dépistage.

Les chiffres clés concernant le cancer de la prostate

  • En 2015, la France enregistre environ 50 430 nouveaux cas ;
  • Le taux d’incidence est de -6% par an en moyenne, de 2005 à 2009 ;
  • Le taux de mortalité est de -4% par an entre 2005 et 2009 ;
  • L’année 2015 enregistre 8 512 décès ;
  • 83 ans, c’est l’âge médian au moment du décès.

Le cancer de sein, premier cancer féminin

Placé à la première place des cas de cancers chez la femme, le cancer de sein est celui qui cause le plus de décès chez les femmes, avec 14% de décès, selon les chiffres de 2018. Il représente toutefois 8% de décès, tous sexes confondus. Bien qu’il ne représente que 1% chez les hommes, mais il est généralement de mauvais pronostic.

La survie nette à ce cancer est de 5 ans, mais l’on remarque une nette amélioration au cours du temps. Entre 1989 et 1993, elle était de 80%, tandis qu’en 2005 et 2010, elle est de 87%. Parallèlement, le taux de mortalité est en baisse progressive au fil des années. Cela s’explique par l’avancée de la médecine via le dépistage précoce et éfficacité du traitement. Ce dernier est dorénavant plus adapté à chaque femme, afin de bénéficier d’un diagnostic à un stade précoce.

Les chiffres sur le cancer de sein

  • 58 459, c’est le nombre de nouveaux cas en France métropolitaine en 2019 ;
  • +1,1% c’est le taux d’incidence par an en moyenne, entre 1990 et 2018. En 28 ans, le nombre annuel de nouveaux cas est passé de 30 000 à 58 400.
  • 12 146, c’est le nombre de décès en 2018 ;
  • -1,5%, c’est le taux de mortalité entre 2005 et 2012 ;

Le cancer colorectal, le deuxième cancer le plus mortel en France

Le cancer colorectal est le 3e cancer le plus fréquent chez les hommes (11,2% de l’ensemble des nouveaux cas), tandis qu’il est en seconde place chez les femmes (11,3%).

En France, ce cancer est la deuxième cause de mortalité par cancer, avec près de 12% de l’ensemble de décès par cette maladie. Les personnes de 65 ans et plus seraient les plus touchées. Depuis 1980, la mortalité est toutefois en baisse, grâce au dépistage et à la résection des lésions précancéreuses.

Tous genres confondus, un cas de cancer colorectal sur 5 est diagnostiqué à temps, ce qui promet de meilleurs résultats.

Le cancer colorectal en chiffres

  • 43 336 nouveaux cas en 2018, soit 23 216 hommes et 20 120 femmes ;
  • Âge médian au diagnostic : 73 ans chez les femmes, 71 ans chez les hommes ;
  • -0,6% par an en moyenne le taux d’incidence entre 1990 et 2018 ;
  • 17 117 décès estimés à 2018, dont 9 209 hommes et 7 908 femmes ;
  • -1,6% par an en moyenne est le taux de mortalité de 1990 à 2018, tous sexes confondus ;

Le cancer du poumon, en progression constante chez les femmes

En France, le cancer du poumon se trouve au 4ème rang des cancers incidents, à la 3e place chez les femmes et à la 2ème place chez les hommes. Toutefois, on observe une progression caractérisée chez les femmes.

Dans sa globalité, l’incidence de ce cancer est stable, voire en diminution. Chez les hommes d’ailleurs la mortalité est en baisse. Toutefois, la situation est plus inquiétante chez les femmes. En effet, les taux d’incidence et le taux de mortalité féminine sont en forte hausse depuis 1990. On attribue ce phénomène à une augmentation de la consommation de tabac chez les femmes.

Le cancer du poumon en chiffres

  • En 2018, on enregistre 46 363 nouveaux cas, dont 31 231 hommes et 15 132 femmes ;
  • Âge médian au diagnostic : 65 ans chez les femmes et 67 ans chez les hommes ;
  • Âge médian au moment du décès : 69 ans chez les hommes et 68 ans chez les femmes ;
  • De 1990 à 2018, le taux d’incidence est inquiétant, avec -0,3% par an en moyenne chez les hommes et +5,3% par an en moyenne chez les femmes ;
  • 33 117 décès estimés en 2018, soit 22 761 hommes et 10 356 femmes ;
  • Taux de mortalité de 1990 à 2018 : -1,2% en moyenne par an chez l’homme et +3,5% en moyenne par an chez la femme ;